Éditorial Claude Harel 4
Le billet d’Humeur Jean-Noël Fabiani 5
Jaques Daviel, chirurgien de la peste Yves Pouliquen 6
Évolution du concept d’agent infectieux. Patrick Berche 10
L’amputation de Sarah Bernhardt. Jacques Battin 16
La chirurgie de guerre durant l’antiquité. René Jancovici, Robin Baudouin 20
« Mais qui a éteint la lumière ? ». Dufy et la cortisone. Patrice Queneau 26
Hasard et découverte : La sérendipité en médecine. Jean-Noël Fabiani 30
Il y a un quart de siècle : La naissance de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris Marc Dupont 34
Quelques lectures conseillées 37
Apollon saigné : La phlébotomie à la cour de Louis XIV Dr Stanis Perez 38
Trotski et les 1000 crânes... Dr Philippe Charlier 41
Les enseignements en histoire de la Médecine à l’Université de Paris Descartes 43


Notre couverture

La leçon d’anatomie du Docteur Velpeau, du peintre François-Nicolas Feyen-Perrin (1826-1888).

(Nous remercions le Conservateur du Musée des Beaux-Arts de Tours qui nous a aimablement autorisé à reproduire ce tableau sur notre première page de couverture).

Le tableau : c’est en quelque sorte l’éloge à cette médecine triomphante du XIX’ siècle qui, avec sa méthode anatomo- clinique, prend un essor considérable.
Véritable allégorie sacrée, le tableau montre Velpeau qui est ici entouré de douze élèves, comme si la foi laïque venait recouvrir la mystique religieuse dont nous fait part la dernière Cène du Christ : « Ceci est mon corps ».
La leçon d’anatomie prend ici la relève de la consécration eucharistique au profit d’une Vérité Scientifique dont le but est de sauver l’humanité en faisant reculer la maladie et la mort.
Le personnage : Armand-Alfred-Louis-Marie Velpeau est né à Brèches le 18 mai 1795.
Cet homme, qui occupe ici la partie centrale du tableau a un destin digne d’un personnage de Balzac.
Son père, un maréchal-ferrant, qui pratique sans doute l’art vétérinaire et accessoirement l’art de la médecine humaine, initie très tôt son fils Alfred au ferrage des chevaux en l’écartant de toute éducation scolaire.
L’enfant présente pourtant des qualités hors normes. Ainsi, en servant la messe à l’église de son village, il acquiert très vite les bases de la langue latine.
Remarqué pour son intelligence et sa soif de savoir il est bientôt pris en charge par le châtelain des lieux qui l’intègre au cercle de ses propres enfants afin de lui permettre de recevoir une éducation adaptée à ses capacités.
Alfred se découvre au fil du temps une véritable passion pour la lecture des traités médicaux et il parvient ainsi à acquérir les fondamentaux en anatomie et en physiologie.
En mai 1816, il a 21 ans, il est présenté à Pierre Bretonneau, le fondateur de l’École de médecine de Tours, qui lui donne un emploi dans l’Hôpital de cette ville.
En même temps Alfred Velpeau poursuit des études extrêmement absorbantes et complètes : le latin, le français, l’anatomie, la physiologie, la géographie, l’histoire...
Son travail acharné est récompensé et il obtient d’être admis comme élève auprès de Pierre Bretonneau.
En 1819 il est reçu Officier de santé et en 1820 il monte à Paris sur les conseils de Bretonneau pour y faire ses études de médecine.
Son titre d’Officier de santé lui donne accès aux études universitaires alors qu’il n’est pas bachelier.
Il ne sera jamais interne, car la limite d’âge est de 24 ans pour se présenter à ce concours.
Mais peu importe, il poursuit ses études et, en 1824, il soutient sa thèse de docteur en médecine.
C’est alors le début d’une ascension extraordinaire. Les nominations, les postes importants, la gloire. Médecin-chirurgien, Velpeau couronne sa carrière par une activité d’industriel, ajoutant la fortune matérielle à sa réussite professionnelle avec le conditionnement et la diffusion de sa fameuse « bande Velpeau ».

• Claude Harel